Juriconnexion Etudes et fiches

Points forts

Lamyline Reflex est une plateforme en ligne qui présente pour avantage certain ”’un fonds de sources officielles très riche, et d’une grande antériorité”’, tant pour la jurisprudence que pour les textes, toujours accessible en texte intégral. Ainsi par exemple

• Cour de cassation (hors criminelle) remontant à 1959
• Jurisprudence européenne depuis l’origine (1954 pour la CJCE)
• Série de Bulletins Officiels accessibles en texte intégral sans équivalent
• Textes des autorités administratives indépendantes, en général depuis leur origine
• JORF et JOUE (…)

Autre avantage, notamment face à la concurrence : la possibilité de choisir des groupes de bases, et donc de moduler le coût selon les besoins et les moyens du client.
Le moteur de recherche est performant même s’il ne peut être pleinement exploité que par des utilisateurs avancés.

Points faibles

Malheureusement ces qualités restent desservies par une ”’navigation peu aisée pour la consultation des ouvrages”’ de l’éditeur. Lamy tend cependant à mettre en place de réelles améliorations.
Néanmoins, plusieurs points faibles demeurent. Ainsi, il serait appréciable de :

• faciliter la recherche : expliciter les formats de saisie attendus pour les champs spécifiques et le fonctionnement du moteur pour le texte intégral (par de simples exemples sous les champs éventuellement)
•informer sur le contenu : en indiquant précisément et en contexte la période couverte pour chaque fonds interrogé. Ce point a cependant été largement amélioré en juin 2006
• permettre une impression paramétrable et de meilleure qualité. Les choix d’impression d’un extrait d’ouvrage demeurent pour l’instant limités au paragraphe en entier et les caractères spéciaux, principalement les apostrophes, sortent parfois mal à l’impression
• permettre une navigation linéaire dans les ouvrages de façon à satisfaire aux habitudes de lecture des utilisateurs, et indiquer précisément les dates de mise à jour
•respecter les délais de mises à jour annoncés, en ce qui concerne notamment, les bulletins d’actualités des ouvrages et l’intégration des revues
• rendre l’aide plus accessible et plus explicite
• rendre les offres et la tarification plus claires : la façon dont les différentes bases sont groupées et leur tarification demeure un objet d’étonnement.

Notons qu’une nouvelle version, attendue depuis longtemps et finalement annoncée en janvier 2007, devrait permettre une impression de chapitres entiers, ainsi qu’une recherche et une lecture en ligne plus aiseés, mais elle tarde à sortir.

Conclusion

En l’état, il paraît difficile de recommander cette plateforme à des utilisateurs néophytes en recherche d’information, sans un travail conséquent de formation des utilisateurs qui sera nécessaire pour leur permettre de s’approprier l’outil ; et ce d’autant plus sur la partie consultation des ouvrages où la comparaison avec la consultation du papier ne joue pas en faveur de l’électronique.
Pourtant, la richesse et la diversité du fonds documentaire devraient permettre à l’outil de répondre à l’ensemble des besoins en documentation juridique puisqu’il propose jurisprudence, textes officiels (notamment le fonds très complet des BO) et doctrine (attention, le contenu des fonds de commentaires/doctrine, c’est-à-dire ” Mes ouvrages “, ” Mes revues “, ” Mes formulaires “, dépend du type d’abonnement souscrit) à travers une seule interface, avec ”’un effort pour tisser des liens hypertextes entre les différents documents”’ (ce qui n’est pas toujours le cas des autres portails de ce type). Ainsi, sur un arrêt, la ”’fonction Contexte”’ permet en quelques clics d’obtenir la liste – et souvent le texte intégral – des paragraphes d’ouvrages et articles de revues l’ayant cité ou commenté. Une fonctionnalité non présente chez la plateforme de LexisNexis.
Dans les grosses structures, intégré à un intranet, il permettra à des utilisateurs éloignés du centre de documentation d’accéder à l’information juridique.
Des points essentiels seront à considérer lors de la négociation d’un abonnement :

• demander des statistiques d’utilisation
• le Centre de Documentation conserve-t-il les ouvrages papier, au risque d’alourdir son budget
• si oui, quelles sont les remises sur le papier
• si non, quel plan de reprise sur incident peut être prévu, l’éditeur s’engage-t-il à fournir des cédéroms d’archives pour toutes les collections (pour les fonds de doctrine comme pour les fonds officiels)
• ne pas lâcher la proie pour l’ombre (ne pas pratiquer l’exclusivité d’un éditeur aux dépends des autres)
• calculer le coût de l’information quel qu’en soit le fournisseur, et appliquer ce principe à tous les acteurs en présence